Passer plusieurs heures par jour devant un écran provoque chez beaucoup de personnes une fatigue visuelle, des picotements ou une sensation de sécheresse. Avoir mal aux yeux à cause de l’écran est devenu l’un des motifs les plus fréquents de consultation en ophtalmologie. Quand ces symptômes persistent, le médecin prescrit un examen complet et rédige une ordonnance optique dont chaque mention a un sens précis.
Ordonnance optique : ce que chaque mention signifie
Une ordonnance optique contient des abréviations et des valeurs chiffrées qui peuvent dérouter au premier coup d’œil. OD désigne l’œil droit, OG l’œil gauche. Les valeurs de sphère, exprimées en dioptries, indiquent une myopie (signe négatif) ou une hypermétropie (signe positif).
Le cylindre et l’axe apparaissent lorsque l’ophtalmologue détecte un astigmatisme. Le cylindre mesure l’écart de courbure de la cornée, et l’axe (en degrés, de 0 à 180) précise l’orientation de cette irrégularité. Ces deux valeurs sont indissociables : modifier l’une sans l’autre fausse la correction.
L’addition, notée « Add » ou « VP », concerne la correction de près. Elle est prescrite en cas de presbytie, généralement à partir de 40-45 ans, ou lorsqu’un effort prolongé sur écran provoque une fatigue accommodative. Pour les personnes qui ont régulièrement mal aux yeux devant un écran, cette mention peut apparaître plus tôt sous forme de verres à profondeur de champ ou de verres « bureau ».

Fatigue visuelle numérique et ordonnance : le lien entre écran et correction
Le syndrome de fatigue visuelle numérique regroupe plusieurs symptômes : yeux secs, maux de tête frontaux, vision trouble en fin de journée, difficulté à passer du regard proche au regard lointain. Ces manifestations résultent d’un effort accommodatif prolongé et d’une fréquence de clignement réduite devant l’écran.
Lorsqu’un patient consulte parce qu’il a mal aux yeux après plusieurs heures d’écran, l’ophtalmologue mesure la réfraction mais évalue aussi la qualité de l’accommodation et la convergence. Une insuffisance de convergence ou un léger défaut réfractif non corrigé peuvent rester silencieux dans la vie courante et ne se révéler que lors d’un usage intensif d’écran.
L’ordonnance qui en découle peut comporter une correction légère, parfois inférieure à 0,50 dioptrie, destinée uniquement au travail sur écran. Ce type de prescription ne signifie pas que la vision est mauvaise de façon générale. Il traduit un besoin de soulager le système visuel dans une situation précise.
Un accompagnement optique à Franconville
Dans le Val-d’Oise, un opticien à Franconville peut aider les habitants qui ressentent une gêne devant les écrans à comprendre les valeurs de leur ordonnance et à choisir un équipement adapté à leur correction. Cette explication complète le suivi de l’ophtalmologue, sans le remplacer.
Durée de validité et renouvellement de l’ordonnance optique
La durée de validité d’une ordonnance de lunettes dépend de l’âge du patient. Pour les personnes de moins de 16 ans, elle est d’un an. Entre 16 et 42 ans, elle passe à cinq ans. Au-delà de 42 ans, elle est valable trois ans.
Pendant cette période de validité, l’opticien peut adapter la puissance des verres lors d’un renouvellement si le prescripteur n’a pas inscrit de mention contraire. L’adaptation repose sur un examen de réfraction réalisé en magasin, qui compare la correction portée à la correction mesurée.
Cette compétence a une limite nette : l’opticien ne diagnostique pas de pathologie oculaire. Si vous avez mal aux yeux devant l’écran et que les symptômes s’aggravent malgré une correction récente, un retour chez l’ophtalmologue s’impose avant tout renouvellement.
- Moins de 16 ans : ordonnance valable 1 an, adaptation par l’opticien possible sauf mention contraire.
- De 16 à 42 ans : validité de 5 ans, accès direct possible chez un orthoptiste pour un bilan de réfraction depuis le décret du 26 avril 2022.
- Plus de 42 ans : validité de 3 ans, suivi ophtalmologique régulier recommandé pour le dépistage du glaucome et de la presbytie évolutive.

Écran et prévention : au-delà de l’ordonnance
Porter la correction prescrite ne suffit pas toujours à supprimer la gêne liée aux écrans. Plusieurs facteurs environnementaux aggravent la fatigue visuelle : luminosité excessive de l’écran, reflets sur la dalle, distance de travail trop courte, air sec dû à la climatisation.
La règle dite « 20-20-20 » consiste à détourner le regard de l’écran toutes les 20 minutes, fixer un point situé à 6 mètres pendant 20 secondes, et cligner volontairement des yeux. Ce protocole réduit la tension sur le muscle ciliaire et relance la production lacrymale.
Un traitement antireflet et un filtre de lumière bleue sur les verres peuvent compléter la correction optique pour les personnes exposées plus de six heures par jour. Ces traitements figurent parfois dans les recommandations de l’ophtalmologue, directement sur l’ordonnance ou en annotation complémentaire.
Questions fréquentes sur l’ordonnance optique et le mal aux yeux lié aux écrans
Une ordonnance optique mentionne-t-elle une correction spécifique pour les écrans ?
Oui, l’ophtalmologue peut prescrire des verres à profondeur de champ ou une addition de près destinée au travail sur écran. Cette mention apparaît sous la forme d’une addition (« Add ») ou d’une note précisant « verres bureau » ou « mi-distance ».
Peut-on consulter un orthoptiste quand on a mal aux yeux à cause de l’écran ?
Les personnes de 16 à 42 ans peuvent consulter un orthoptiste en accès direct pour un bilan visuel. Si le bilan révèle un trouble de la convergence ou un défaut de réfraction, l’orthoptiste peut prescrire une correction optique ou orienter vers un ophtalmologue en cas de suspicion de pathologie.
L’opticien peut-il modifier ma correction si ma fatigue visuelle s’aggrave ?
L’opticien peut adapter la puissance des verres dans le cadre d’un renouvellement, tant que l’ordonnance est valide et qu’aucune contre-indication n’est notée par le prescripteur. En revanche, une aggravation rapide des symptômes (douleurs, vision trouble persistante, flashs lumineux) nécessite un examen médical chez l’ophtalmologue.
Les mentions d’une ordonnance optique orientent le choix de la correction la mieux adaptée à son usage, notamment face aux écrans. Le suivi ophtalmologique reste nécessaire pour distinguer une simple fatigue visuelle d’une pathologie oculaire qui nécessite un traitement spécifique.
Sources : INRS : prévenir les risques du travail sur écran ; Service Public : prescriptions de lunettes et lentilles.

