Rembourser un compte courant d’associé sans erreur ni oubli

Dans les SCI, ce sont souvent les associés qui mettent la main à la poche. Ils avancent des fonds, remboursent le crédit bancaire, injectent du cash pour débloquer une opération immobilière ou financer des travaux. Ce sont ces flux, bien connus dans les sociétés civiles immobilières, qui alimentent le fameux compte courant d’associé.

Le compte courant d’associé représente une dette de la société envers son associé. Autrement dit, la SCI s’engage à rembourser ce qu’elle a reçu, à la demande de l’associé.

Qu’est-ce qu’un compte courant d’associé en SCI ?

Le compte courant d’associé est une solution simple : au lieu d’augmenter le capital, une démarche lourde, coûteuse, qui bouscule l’équilibre entre associés, les partenaires prêtent directement à la société. Ce mécanisme évite bien des complications administratives, tout en préservant la répartition du capital.

L’intérêt est double. D’un côté, la société peut rembourser ces avances quand elle le souhaite, sauf accord contraire. De l’autre, l’associé prêteur peut percevoir des intérêts sur la somme mise à disposition de la SCI.

Dans les SCI à petit capital, ces apports représentent parfois la majeure partie des ressources mobilisées. C’est souvent l’argent versé en compte courant qui permet d’acheter un immeuble ou de financer des travaux en l’absence de prêt bancaire. Parfois, la SCI a contracté un crédit mais ne dispose pas encore de loyers pour le rembourser entièrement. Le compte courant vient alors combler ce décalage.

Comment fonctionne le compte courant d’associé ?

Qui peut alimenter le compte courant ?

Le compte courant d’associé n’est pas réservé à une catégorie particulière de sociétés civiles : il est possible dans toutes. Ceux qui peuvent y contribuer sont, bien sûr, les associés. Mais ils ne sont pas seuls. Le gérant, s’il est également associé, peut faire de même.

Faut-il un contrat écrit pour ouvrir un compte courant d’associé ?

Un accord formel n’est pas obligatoire pour avancer des fonds via un compte courant. Pourtant, rédiger une convention écrite (même sous seing privé) est vivement conseillé. Cela permet de fixer noir sur blanc les modalités du prêt : montant, modalités de remboursement, taux d’intérêt éventuel. Ce document limite les risques de conflit entre associés.

Le taux d’intérêt, si rémunération il y a, se négocie librement. Si rien n’est précisé, l’avance est réputée gratuite, sans intérêt versé à l’associé prêteur.

Comment se faire rembourser son compte courant d’associé ?

À quel moment réclamer le remboursement ?

Aucune règle automatique : la convention entre l’associé et la SCI peut déterminer le calendrier de remboursement. Hors stipulation spécifique, l’associé peut demander à récupérer ses fonds à tout moment. C’est la jurisprudence qui le confirme (Cass. com., 10 mai 2011, n°10-18.749).

La seule limite : respecter la bonne foi. Il ne s’agit pas de mettre la société en difficulté par une demande brutale et inopportune.

Comptablement, les apports en compte courant figurent au passif, distincts du capital social. Ils constituent donc une dette exigible, la SCI doit l’assumer comme telle.

Avant toute opération de remboursement, il reste préférable d’analyser la situation financière de la société : un remboursement trop rapide pourrait la fragiliser.

Dans quels cas la société peut-elle refuser un remboursement immédiat ?

En principe, la SCI ne peut pas s’opposer à la demande de remboursement d’un compte courant d’associé. Cependant, certaines situations encadrent ce droit :

Voici les principaux cas où le refus est justifié :

  • Un accord de blocage a été signé : la convention peut fixer une période durant laquelle l’associé s’engage à ne pas réclamer ses fonds et la SCI à ne pas les rembourser. Si l’associé passe outre, il engage sa responsabilité contractuelle. Attention : un tel blocage nécessite l’accord exprès de l’associé concerné, comme l’a rappelé la Cour de cassation (Cass. com., 24 juin 1997, n°95-20.056).
  • L’assemblée générale a pris une décision, mais seulement avec l’accord de l’associé visé. Sans ce consentement, l’assemblée générale ne peut pas imposer un blocage unilatéral.
  • La société rencontre des difficultés de trésorerie : ce motif ne suffit pas, à lui seul, pour refuser le remboursement. Toutefois, si la situation devient critique, la SCI peut demander un délai de paiement sur le fondement de l’article 1343-5 du Code civil.
  • Si la société est en grande difficulté, les associés peuvent décider, par acte sous seing privé, d’abandonner leur créance en compte courant pour aider la structure à survivre. Ce document peut comporter une clause de retour à meilleure fortune, permettant un remboursement le jour où la SCI retrouve des finances saines.
  • L’ouverture d’une procédure collective (redressement ou liquidation judiciaire) : dès cette étape, tout paiement de dette antérieure est suspendu, y compris le remboursement d’un compte courant d’associé (article L.622-7 du Code de commerce).

Quels recours si la SCI refuse sans raison valable ?

Si le refus de rembourser n’a aucun fondement, l’associé lésé peut agir en justice pour obtenir gain de cause.

Bon à savoir : le remboursement d’un compte courant d’associé n’est pas considéré comme une rémunération. Il n’y a donc ni frais, ni taxation particulière à ce titre.

En définitive, sauf accord spécifique, décision d’assemblée ou décision judiciaire accordant des délais, la règle est claire : le compte courant peut être remboursé à tout moment.

Mieux vaut donc se mettre d’accord, dès le départ, sur les modalités de remboursement. Un simple oubli ou une imprécision peut tout compliquer au moment où l’associé souhaite récupérer ses fonds.

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Le compte courant d’associé, souvent discret sur les bilans, reste une pièce maîtresse de la vie d’une SCI. Il suffit d’une virgule mal placée ou d’un non-dit pour transformer cette mécanique en source de tensions. Mieux vaut alors jouer la transparence et poser les règles du jeu, avant que les intérêts, financiers et humains, ne s’entrechoquent.

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